Double Licence Droit-Histoire : le pari de l’excellence pour Domitille

Double Licence Droit-Histoire : le pari de l’excellence pour Domitille

Domitille est en dernière année de sa double Licence Droit-Histoire, conjointement à Panthéon Assas Paris 2 et à la Sorbonne. Une double licence, permet d’effectuer deux licences différentes, mais souvent complémentaires, en même temps, c'est-à-dire en trois ans. C’est un cursus exigeant mais qui ouvre en grand les portes des masters et des grandes écoles. Domitille nous explique ce qui l’a poussée à tenter l’aventure.

Avec le recul, quel bilan fais-tu de tes 15 années passées à JB et comment tes choix d'options au lycée ont-ils forgés ton profil d'étudiante aujourd'hui ?

J’étais une bonne élève, un peu trop bavarde pour certains professeurs, mais j’étais assidue dans mes apprentissages, cela m’a permis de vivre une scolarité sans embûches. J’ai un profil littéraire mais j’avais un bon niveau en maths tout de même. En classe de seconde j’ai fait Anglo et j’ai passé la certification IELTS en Terminale. L’anglais c’est toujours très utile et par la suite je n’ai pas regretté mes choix. Comme celui d’aller passer deux mois et demi aux États-Unis l’année de ma 3ème dans le cadre d’un séjour linguistique. Arrivée en classe de Première j’ai choisi les options LCE, HLP et HGGSP, j’aurais également pu prendre l’option SES.  Comme je savais que je voulais faire du droit j’ai opté volontairement pour les options les moins scientifiques. Les maths ne sont pas obligatoires pour aller en fac de droit, mais je les trouve très intéressantes pour acquérir méthode et précision dans son travail comme dans sa réflexion. En Terminale j’ai gardé HGGSP et HLP. Même si aucune option n’est rédhibitoire pour la suite, HGGSP est vraiment l’option la plus importante à prendre. La méthode que l’on acquiert pour réaliser dissertation et commentaire me sert tous les jours.

Pourquoi  as-tu choisi de faire une double licence ?

J’aime les défis et lorsque je me lance dans une aventure je me dis toujours que je vais y arriver. Je souhaite devenir avocate, mais après l’obtention de mon Bac, l’idée de ne faire que du Droit me paraissait un peu « ennuyeuse ». Réaliser une licence d’Histoire en parallèle m’apporte une émulation intellectuelle nécessaire. En fac de Droit il faut assimiler un grand nombre de textes législatifs et les appliquer dans des cas pratiques. De plus, les deux premières années nos cours majeurs sont imposés : droit privé et public. Alors qu’en Histoire c’est une autre façon de faire, il y a un travail de réflexion plus enrichissant : savoir une date c’est bien mais pouvoir l’inscrire dans un contexte c’est mieux. Et dès la première année nous choisissons nos cours selon nos envies. Pour chacune des quatre périodes historiques étudiées, 5 à 10 sujets de cours sont proposés au choix. Du coup nous choisissons un peu nos études, c’est à la carte et ça c’est vraiment un plus comparé aux classes préparatoires. Cette personnalisation est très stimulante, pour moi c’est une sorte de pause intellectuelle qui me permet de tenir le rythme. Car la première année de double licence est très dure, il faut s’adapter rapidement, mais je ne regrette pas d’avoir fait ce choix, je suis très heureuse de ne pas avoir pris qu’une seule licence.

Selon toi, quels sont les avantages et les inconvénients de la double licence Droit-Histoire ?

La double licence me permet de gagner du temps en décrochant en même temps deux diplômes de deux matières différentes. Je me spécialise en Droit des affaires, tout en développant ma culture générale et en élargissant mon ouverture d’esprit à travers la compréhension de l’Histoire. J’obtiens donc un CV « canon », les doubles licences c’est 100% de chance d’obtenir un master, qui on le sait sont très demandés en Droit. Autre avantage de ma double licence, c’est d’être dans deux universités  prestigieuses: Assas et la Sorbonne. Nous avons la chance d’avoir des professeurs qui sont des pointures dans leur domaine, des professeurs émérites, des gens hyper intéressants.

L’inconvénient majeur de ma double licence est justement d’être dans deux universités différentes et qui plus est éloignées l’une de l’autre. En sachant que les deux premières années nous sommes à la Sorbonne, porte de Clignancourt, à  45 mn de métro d’Assas, une bonne organisation est obligatoire. En L3, nous intégrons la Sorbonne dans le centre de Paris, le temps de trajet se réduit à 20 mn de marche à  pieds, cela change vraiment la vie.

La double licence impose également aux universités de s’organiser ensemble pour permettre aux élèves de poursuivre simultanément leurs cours de Droit et leurs cours d’Histoire. La première année cela marche à peu près, mais dès la deuxième année, c’est à nous de nous organiser avec nos deux emplois du temps, et surtout nos Travaux Dirigés qui sont des cours obligatoires. Comme ils sont imposés en Droit il faut s’adapter, pas le choix. C’est pourquoi souvent en troisième année, pour faciliter l’organisation de la semaine, les étudiants délaissent les cours magistraux au profit des TD. Heureusement en double licence l’entre aide est développée, on se passe nos fiches, nos cours, il existe même des drives pour récupérer les cours manqués. Les étudiants des licences simples nous apportent également leur aide.

Quels conseils pourrais-tu donner pour réussir une double licence ?

Il faut partir avec l’idée que nous sommes tous égaux d’où que l’on vienne. Ce n’est pas l’établissement ou la ville d’où l’on vient qui détermine notre réussite. La motivation et la détermination sont les ingrédients indispensables pour réussir en double licence. Il faut lutter contre le découragement, nous apprenons tous au fur et à mesure à s’organiser dans notre travail, donc pas de panique. Cependant si le stress est ton ennemi et que tu ne vis pas bien la pression, je te conseille la licence simple. Mais si tu es comme moi une insatiable de la connaissance ce cursus sera à la hauteur de ton appétit.  La double licence développe une intelligence pluridisciplinaire et offre une véritable émulation intellectuelle.

Un conseil, lors de la saisie de tes informations sur Parcoursup, n’hésite pas à mettre en avant tes activités extra scolaires. Je me souviens avoir pu expliquer que je faisais du bénévolat auprès des restos du cœur, que je participais aux actions de la pastorale et que je donnais des cours de français aux ukrainiens arrivés à JB. Il est important de montrer que l’on ne s’intéresse pas qu’aux cours et que l’on est capable de mener plusieurs projets en même temps. Savoir faire plusieurs choses à la fois c’est indispensable en double licence.

Qu’est-ce qui t’a paru difficile en double licence ?

Ce que j’ai trouvé dur en première année de double licence, c’est le Droit. C’est une matière inconnue que l’on découvre, c’est pourquoi beaucoup abandonnent au bout d’un an parce qu’ils se rendent compte qu’ils n’aiment tout simplement pas ça. Il faut savoir qu’en première année on ne fait pas à proprement parler de droit, on apprend surtout à comprendre ce que l’on nous demande de faire, à assimiler la méthodologie spécifique de cette matière. Et puis ce sont nos débuts à la fac, plus personne ne nous tient par la main, c’est à nous de nous organiser, de trouver nos manuels, etc. Mais rassurez-vous, une fois le rythme et la méthode trouvés, on s’en sort bien. Le plus important c’est de s’accrocher, la première année n’est pas un mythe, je suis passée de 18 de moyenne en terminale à 12 en double licence, c’est vertigineux. Il faut avoir conscience que rien n’est acquis, il faut travailler sans cesse. Même en histoire, on pense savoir beaucoup de choses après le lycée, mais on ne sait rien, tout est à revoir. Cette claque est nécessaire, en deuxième année mes efforts ont été récompensés et j’ai gagné 4 points.

Autre élément déstabilisant qu’il faut savoir apprivoiser : la pression. Qui dit double licence, dit double examen, donc double pression. En sachant que si tu ne valides pas une des licences, tu ne valides pas l’autre non plus. Personnellement je vis assez bien cette pression, je priorise mes études de Droit car je veux être avocate et que l’Histoire me demande moins de travail. Et puis je suis réaliste sur mes compétences, à l’aise à l’oral, je me sers beaucoup des oraux pour valider mes années.  

Pour finir, avant de se lancer dans l’aventure de la double licence, il faut avoir bien conscience de l’importante charge de travail qui vous attend. Nous avons 40 heures de cours par semaine pendant 3 ans, et plus on avance dans la licence et plus les cours se complexifient. En Droit c’est très lourd, il faut imaginer des cours de parfois 200 pages. Il y a également les Travaux Dirigés obligatoires, au nombre de 9 par semaine, contre 3 ou 4 pour un étudiant lambda, dont 7 TD de majeur. Ce sont les heures de cours qui  demandent le plus de concentration et d’implication. Lors des TD nous avons des travaux à effectuer et à rendre dans les temps. Les classes de TD comptent 30 élèves, alors que les cours magistraux peuvent compter jusqu’à 500 élèves, ce sont des moments à privilégier. Les semaines sont intenses, mais contrairement aux études de Médecine ce n’est pas linéaire. Il y a des semaines où l’on ne voit pas le jour, et d’autres où l’on n’a rien, c’est incroyable ! Ce qui permet aux élèves de pouvoir intégrer s’ils le souhaitent des associations étudiantes dès leur première année. Par contre il n’est pas possible d’envisager de travailler en parallèle de sa double licence. Pour ma part j’ai continué à voir mes amis et à faire de la musique pendant mes études. Certains élèves ont la tête sous l’eau  en permanence et y arrivent tout de même. Cela dépend des tempéraments, chacun sa méthode. Le burn out existe, il ne faut pas se mentir, il y a forcément un pic de stress au moment des examens, c’est normal. En L3 par exemple, l’année se joue sur les partiels, qui représentent 70% de la note finale. J’ai donc beaucoup travaillé tout le premier semestre, pour m’assurer les résultats qui me permettront d’obtenir via Parcoursup le master que j’espère.

Quelle est la place de l’IA dans tes études ?

Personnellement je n’aime pas l’idée que quelque chose soit fait à ma place et je pense mieux le faire même si ce n’est pas forcément vrai. Cela doit rester un outil et pas une main qui nous remplace. Proposer un cours à une IA pour qu’elle réalise un quizz ou pour nous aider à faire des fiches pour réviser, pourquoi pas. Il faut que son utilisation reste intelligente. Mais c’est vrai  que beaucoup d’élèves l’utilisent, ça reste une vraie problématique, en histoire chat GPT est très performant mais il est très mauvais en Droit. Heureusement en partiel et pendant les oraux il n’y a pas possibilité de l’utiliser.

Quelle suite souhaites-tu donner à tes études ?

Je souhaiterais intégrer un master droit international privé ou droit des affaires. Mais avec ma double licence Droit-Histoire je pourrais tout aussi bien intégrer l’École Nationale de l’Administration, l’École Nationale de la Magistrature… Le droit ouvre vraiment beaucoup de portes, associé à l’histoire c’est encore mieux. Certains de mes camarades s’orientent vers des masters en sciences-politique, en sociologie, en économie.

Dans l’idéal, j’aimerais faire mon master à Assas. J’ai demandé des cursus Erasmus, dont un avec une convention bilatérale avec Oxford. Cela me permettrait d’avoir un diplôme d’Oxford pour mon M1 et de revenir ensuite pour mon master 2 à Assas. J’ai également fait une demande au Japon. Nous verrons bien.* 

Domitille est présente sur la plateforme Alumni, n’hésitez pas la contacter, à lui faire part de vos questions, de vos doutes, de votre ambition.

* Domitille a finalement été acceptée en Erasmus au Japon !

Retrouvez toutes les informations pratiques sur :

https://www.letudiant.fr/etudes/fac/parcoursup-pourquoi-tenter-une-double-licence.html

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